Ecrits sur le GO

Le maître ou le tournoi de go
L’écrivain japonais Yasunari Kawabata (1899-1972), prix Nobel de littérature en 1968, décrit dans son œuvre « Le Maître ou le Tournoi de GO » une longue partie entre un maître de la vieille école du go et un jeune joueur, dont le style agressif et innovateur bouleverse le style établi.

Cette partie historique se déroula en 1938, entre Honinbo Shusai, dernier représentant de la maison Honinbo, et Kitani Minoru, qui est devenu un des très grands joueurs de la 2ème moitié du 20ème siècle.
Pour Kawabata, la partie perdue par le vieux maître symbolise la disparition du Japon ancien et de ses valeurs.

 
De nombreuses publications théoriques sur le GO, en anglais et en français, traitent des ouvertures, de la stratégie et de la tactique des parties, reproduisent et commentent les parties des grands maîtres, proposent des problèmes et des situations de réflexion…
 

L’affaire Cassandra
An 2026. Sur la station orbitale Cassandra Gamma est commis le premier meurtre de l’espace.
Pierre Sangatte est chargé de les élucider. Joueur de GO passionné, il tire parti des enseignements que lui procure le jeu pour mener à bien son enquête.
Les descriptions des parties scandent ses recherches, et en mesurent la progression…

L’oeuvre se termine par une évocation du KO, la situation de l’éternité au GO…

 

L’heure du diable
Un groupe de terroristes tente de déclencher une confrontation généralisée.
L’histoire palpite au rythme de l’affrontement entre Mika et Gobuldine, tous deux joueurs de go émérites, qui tirent de leur connaissance du Go les armes de leur combat.

« C’est que le Go, par la richesse des situations, par ses perpétuels mouvements, par ses retournements de situations inattendus, par les mille et une ruses qu’il oblige à déployer, par l’égalité des chances entre les adversaires au départ, offre un modèle presque parfait de simulation et d’entraînement pour tous les acteurs de l’incertain combat du pouvoir et de l’économie. »

Un commentaire de partie notée en 1793

 

Je suis un chat
Un chat philosophe observe et commente la vie de ses maîtres, qui parfois jouent au go…
Dans cette oeuvre, parue en 1911, Natsume Sôseki (1867-1916) se livre à une satire désopilante, attendrie et désabusée, de la société de son temps.
« Ce sont les hommes qui ont inventé ce jeu, et si on admet que leurs goûts se révèlent sur le damier, on peut dire que la destinée restreinte des pions symbolise l’esprit étriqué des hommes.

Si on admet encore que les pions donnent une idée de l’état d’esprit des humains, on est conduit à penser que ceux-ci aiment à réduire le ciel immense et la mer illimitée à leur mesure, et à chercher mille artifices pour se mesurer un domaine d’où ils ne pourront plus bouger d’un seul pas.
On peut caractériser les hommes en un mot : ce sont des êtres qui recherchent les tourments par plaisir. »

 

Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du go
Par Pierre Lusson, Georges Pérec, Jacques Roubaud
En 1969, le romancier Georges Pérec, auteur des « Choses », de « La vie, mode d’emploi » et de « La disparition », le mathématicien-poète Jacques Roubaud, auteur des « Sonnets d’Epsilon », et Pierre Lusson, publient un « Petit traité invitant à la découverte de l’art subtil du Go », œuvre pionnière en France, rassemblant historique, règles du jeu, réflexions humoristiques et sérieuses sur le « Jeu des jeux ».

Leur œuvre contribuera à la formation des premiers groupes organisés de joueurs de GO français.
« La beauté du Go, la fascination qu’il exerce, l’intense émotion qu’il suscite, l’exaltation qu’il provoque viennent du mystère, des mystères qui, à tout instant, à tout niveau, au début ou à la fin de la partie, chez un joueur débutant comme chez un joueur exercé, accompagnent chaque coup, chaque échange. »

 

La joueuse de go
Dans la Mandchourie des années 30, un amour tragique lie un officier japonais et une jeune chinoise, souveraine du jeu de go, Place des Mille Vents.
Instrument de vie, subterfuge de guerre, passerelle amoureuse, le go rythme les rencontres des deux êtres, tandis que l’envahisseur ensanglante villes et campagnes.
Shan Sa a également écrit "Porte de la Paix céleste", "Les Quatre vies du saule", "Le vent vif et le glaive rapide" .